Trois étudiants comoriens ont été arrêtés à Dakar pour défaut de titre de séjour. Une situation qui pousse l’ambassade de l’Union des Comores au Sénégal à renouveler son appel au respect de la réglementation sénégalaise en matière de séjour des étrangers.

 

Le premier conseiller auprès de l’ambassade des Comores au Sénégal, Ibrahim Andinane, a confirmé l’arrestation de trois étudiants, tout en soulignant que cette affaire doit servir d’avertissement à l’ensemble de la communauté estudiantine comorienne vivant au Sénégal. 
Selon lui, de nombreux étudiants négligent les démarches administratives liées au renouvellement de leur titre de séjour, alors même que cette formalité est entièrement gratuite au Sénégal, contrairement à d’autres pays où elle est payante. «Nos étudiants sont régulièrement invités à régulariser leur situation administrative. J’ai moi-même insisté sur cette question il y a quelques jours lors d’une activité avec des ressortissants de la région d’Itsandra», a-t-il indiqué.Les trois étudiants interpellés risquent désormais des poursuites pour séjour irrégulier, conformément à la législation sénégalaise. Ibrahim Andinane précise que les peines encourues sont prévues par le Code pénal sénégalais et relèvent de la compétence des autorités judiciaires.

Un titre de séjour gratuit

Le diplomate regrette que certains étudiants attendent d’être confrontés à la justice avant de solliciter l’aide de l’ambassade. «Nous pouvons les accompagner en leur délivrant les documents nécessaires pour régulariser leur situation et être libérés. J’ai demandé aux étudiants arrêtés de me présenter au moins un ancien titre de séjour afin de justifier une demande de renouvellement, mais aucun n’a pu le faire», explique-t-il. Le conseiller a cité Madagascar comme exemple où le titre de séjour est payant. «Là-bas on peut comprendre que pour des soucis financiers, des étudiants sont emprisonnés pour défaut de séjour. Mais à Dakar, le séjour est entièrement gratuit. Un étudiant encore en 4ème année d’études peut vivre tranquillement sans séjour. Comment peut-on comprendre cela ? Et en cas des conséquences, on va saisir les médias pour pointer du doigt l’ambassade.

Très franchement, les arrestations liées au défaut de séjour, c’est plutôt aux auteurs d’en assumer et engager des avocats», a-t-il expliqué. Selon lui, les autorités sénégalaises ont considérablement renforcé les contrôles. Alors qu’auparavant les contrevenants pouvaient être libérés après le paiement d’une amende, ils sont désormais plus souvent déférés devant la justice. Cette politique concerne l’ensemble des étrangers en situation irrégulière et ne cible pas spécifiquement les ressortissants comoriens. Le premier conseiller appelle donc les étudiants à ne pas considérer qu’ils bénéficient d’un traitement particulier. «Certains pensent que les lois sénégalaises ne peuvent pas s’appliquer aux Comoriens. C’est une perception erronée. Le Sénégal applique désormais sa législation avec davantage de fermeté envers tous les étrangers», affirme-t-il.


Ibrahim Andinane rappelle que l’ambassade multiplie depuis plusieurs mois les actions de sensibilisation, notamment depuis l’avènement de nouvelles autorités exécutives au Sénégal. Selon lui, le renforcement du discours souverainiste des nouvelles autorités s’accompagne d’une application plus stricte des lois relatives à l’immigration. Il invite ainsi les étudiants comoriens à régulariser sans délai leur situation et à respecter les lois et les institutions de leur pays d’accueil afin d’éviter de nouvelles arrestations.