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A propos du sort du contrat d’Amir Abdou : Entre notre volonté et nos moyens réels

A propos du sort du contrat d’Amir Abdou : Entre notre volonté et nos moyens réels

Sports | -   Dayar Salim Darkaoui

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Tout en reconnaissant le bond fait par les Cœlacanthes depuis la prise de fonction d’Amir Abdou il y a quatre ans, le patron de la fédération, Saïd Ali Saïd Athouman soutient «que la fédération n’est pas en mesure, sur le plan budgétaire, de répondre aux nouvelles demandes du sélectionneur». «Nous ne pouvons nous permettre de signer un contrat dans les conditions proposées, au risque de nous retrouver à l’avenir dans la même situation qu’aujourd’hui».

 

Une conférence de presse du président de la de la Fédération de football des Comores (Ffc), Saïd Ali Saïd Athouman, suivie d’un direct Facebook du manager des Cœlacanthes, Ben Amir Saadi. La journée d’hier, mardi 4 novembre, a été riche en déclarations. Si les propos de l’un comme de l’autre n’ont pas permis de dénouer le feuilleton du contrat du sélectionneur national – Amir Abdou – qui tient en haleine toute une population, ils auront au moins permis d’y apporter quelques éclaircissements. Une rumeur s’est en effet répandue, vendredi 30 novembre dernier (date d’échéance dudit contrat), selon laquelle la Ffc aurait “tout bonnement” refusé de reconduire le sélectionneur national. A en croire Saïd Ali Saïd Athouman, «la fédération n’est en rien opposée au renouvellement du contrat d’Amir Abdou». Bien au contraire, elle aurait engagé des négociations, notamment avec le gouvernement, en vue d’une reconduction. Une entente aurait même été trouvée avec le sélectionneur pour un avenant de trois mois – courant jusqu’au mois de mars prochain – avant que celui-ci ne fasse finalement machine arrière dès le lendemain. Cet avenant était censé permettre à Amir Abdou d’aller au terme des éliminatoires de la Can 2019, en attendant l’évolution des discussions.

“Si elle l’avait fait avant, peut-être que…”

Le manager des Cœlacanthes, Ben Amir Saadi, reconnait que cette proposition a bel et bien été refusée par le sélectionneur des Cœlacanthes, mais précise que celle-ci avait été proposée par le coach lui-même bien avant le match contre le Malawi. «La fédération n’y a pas donné suite. Si elle l’avait fait, l’on n’en serait peut-être pas là aujourd’hui», affirme-t-il. La victoire contre le Malawi a en effet amené Amir Abdou à revoir ses propositions, sollicitant, notamment, une prolongation de deux ans du contrat, une revalorisation salariale ainsi que des primes à l’objectif. «Il est tout à fait légitime, quand les résultats sont bons, de demander une revalorisation», estime Ben Amir Saadi. Le président de la Ffc n’en disconvient pas, reconnaissant le bond fait par les Cœlacanthes depuis la prise de fonction d’Amir Abdou il y a quatre ans, mais il avance «que la fédération n’est pas en mesure, niveau budget, de répondre à ces nouvelles exigences». «Nous ne pouvons nous permettre de signer un contrat dans les conditions proposées, au risque de nous retrouver à l’avenir dans la même situation qu’aujourd’hui», laisse entendre Saïd Ali Said Athouman, qui affiche une volonté d’assainir les caisses de la Ffc.

“Il y a urgence!”

Il rappelle, ainsi, qu’à son élection à la tête de la fédération, il s’est retrouvé avec des dettes de staff et joueurs s’élevant à près de soixante-neuf-millions de francs comoriens, dont une partie n’a toujours pas été réglée. Quant au budget de fonctionnement octroyé par la Fifa, il affirme que celui-ci est, dès le départ, dédié à un domaine spécifique et que, en aucun cas, il ne peut être utilisé à d’autres fins. La masse salariale de la Fcc s’élèverait à trente millions de francs, pendant que l’aide aux salaires de la Fifa serait de dix-neuf millions de francs. «Nous devons à chaque fois mobiliser onze millions de francs pour être dans les clous», lance-t-il documents à l’appui. Force est de constater que les avis ne sont pas aussi divergents que ça. La volonté de renouveler le contrat est perceptible de part et d’autre, mais elle se trouve entravée par de problèmes d’ordres financiers.


La balle, semble-t-il, est dans le camp du gouvernement. Le président de la République, Azali Assoumani, s’est montré disposé à accompagner les Cœlacanthes. Lui seul est peut-être l’arbitre de ce «temps additionnel», pour reprendre l’expression de Ben Amir Saadi. Mais les jours s’égrènent. A quatre mois d’un match crucial, contre les Lions indomptables, la situation du sélectionneur national doit être rapidement éclaircie. Histoire de permettre à un staff et des joueurs qui «ne savent pas aujourd’hui sur quel pied danser» (dixit Ben Amir Saadi) de bien négocier cette rencontre qui peut se révéler être un tournant historique du football comorien.


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