L’association Mwana Kaliwa organise un championnat de football de deux mois à Mitsamihuli, réunissant six équipes de moins de 19 ans (120 joueurs). Au-delà du sport, l’événement vise à éduquer les adolescents, à transmettre des valeurs sociales (discipline, respect) et à les sensibiliser sur les violences faites aux enfants.

 

Durant une soixantaine de jours, les adolescents des quartiers de Mitsamihuli se croisent le fer à la plage de la ville. Il s’agit d’un championnat de football organisé autour de six équipes en vue de les éduquer, de les protéger et de les sensibiliser sur les violences faites aux enfants. Organisés par l’association Mwana Kaliwa, ces tournois suscitent l’admiration du public et celle de la communauté. Les adultes s’y rendent par attachement au football. D’autres évoquent des aspects jugés positifs. Les parents des enfants en compétition y voient «des impacts sociaux positifs». 


Ali M’madi, père d’un enfant et ancien coach d’Apache de Mitsamihuli, salue l’initiative pour son impact sportif. «Nous avons 120 jeunes joueurs à raison de 20 joueurs dans chaque équipe. Ils sont âgés de moins de 19 ans. C’est une occasion pour les équipes d’Apache, de Coin-nord et de 3FB de renouveler leurs effectifs dans quelques années», espère-t-il.

Il reconnaît toutefois qu’une stratégie sportive permettant de mieux conserver ces futurs footballeurs est nécessaire sans pour autant troubler le cursus scolaire de ces élèves. «C’est un impact sportif positif du fait que ça rappelle la période durant laquelle nos équipes du nord ont été constituées à 98% des enfants du nord. C’est un pas sportif pour ressusciter nos années de noblesse en football”, se souvient-il. 

Sécurité, encadrement et avenir sportif 

Hassane Saïd, père d’un enfant qui participe au championnat, préfère l’accompagner en guise de motivation. «Ces jeunes sont plus ou moins occupés pendant les trois mois de vacances à travers leur seule passion. Pleins de messages éducatifs leur sont transmis tous les jours notamment la discipline, le respect mutuel, la détermination et l’esprit d’équipe ainsi que d’autres valeurs sociales.

 C’est une occasion de les garder dans un lieu sûr» a-t-il souligné. Abdou Moussoinif Maoulida, père de plusieurs enfants, avance que les enfants sont libres la plupart du temps en période de vacances. A ses yeux, beaucoup d’entre eux fréquentent des lieux exposés à des risques de violence.

 «A travers ces matchs, plusieurs jeunes se sentent occupés par le tournoi pendant que d’autres sont inévitablement devenus des supporters de ces six équipes durant deux mois. Ils sont épargnés des lieux susceptibles d’être dangereusement fréquentables», constate-t-il.