Jeune footballeur aux années 1970, il joue son premier match en sélection nationale aux premiers Jeux des îles de l’Océan Indien, en 1979. En cette période de préparation des Jioi 2027, Alwatwan revient sur son parcours
Né à Mahajanga, à Madagascar, de parents comorien, Bacary Ali a été un grand footballeur comorien. Après l’école primaire et le collège, à Madagascar, il décrochera son baccalauréat scientifique aux Comores, en 1983, où il poursuivra, pendant deux ans, ses études de moniteur en Education physique à l’Ecole normale d’études supérieures (Enes) à Mvuuni sur l’île de Ngazidja.
Depuis sa tendre enfance il avait un hobby : le football. Il ne pouvait pas s’en détacher. Il allait, bien sûr, à l’école, mais vouait également une grande passion à la discipline. A l’en croire, c’est en 1969, quand il jouait avec l’équipe de la Police nationale de Mahajanga, en «division H» (l’équivalent de la première division comorienne actuellement), que le foot a pris vraiment le dessus sur lui. En 1970, il rejoindra l’équipe des fonctionnaires de Madagascar, le Fco puis en 1979 et 1972, l’Etoile d’Anjouan, une autre équipe de Mahajanga.
Premiers «retours» au pays
C’est après, cette aventure qu’il va décider de visiter pour la première fois les Comores, le pays d’origine de ses parents. Il passera cinq mois à Mtsamdu ya Ndzuani, la ville de ses parents, avant de retourner à Madagascar pour continuer l’école. En 1973, il revient aux Comores et s’y installe. Ici, il va intégrer Enfant de Shababi avant de rejoindre, en 1975, une équipe mythique de l’époque, Citadelle de Mtsamdu.En 1976, Bacary Ali arrive à Moroni pour une cérémonie gouvernementale. A l’occasion d’un match tous les regards sont rivés sur lui. Avenir des Comores, une équipe de la capitale, s’attachera les service de ce jeune bourré de talents jusqu’en 1977.
«Monsieur le capitaine!»
Cette année là, le gouvernement réforme l’organisation du football comorien. L’enfant de Mtsamdu se trouvera dans l’obligation de porter et défendre les couleurs d’Enfant des Comores, l’équipe de football de Vuvuni ya Bambao, où il travaillait comme instituteur.
En 1977, la «Coupe du président» est jouée à Ndzuani et chaque île devait présenter trois sélections : Nord, Centre et Sud. Bacary Ali va porter les couleurs de la sélection du sud de Ngazidja. Il sera alors le milieu incontournable de cette sélection régionale.
C’est à cette compétition qu’il «va se faire des amis dans les quatre îles de l’archipel». Il se rappelle des «frères» comme des emblématiques feu Zaidou, Ali Bakar, Djamlati et les «vieux» Mataba et Lejani, entre autres.
Cette année va beaucoup le marquer car, c’est à cette période que ses parents – qui ont survécu aux malheureux évènements qu’on a pu qualifier de «Massacres de Majunga», vont regagner le pays.Bacary Ali va rejoindre ses parents à Mtsamdu avant d’être convoqué aux pré-sélections de l’équipe nationale, à Moroni, en 1979. Son talent l’impose dans la sélection et deviendra capitaine de l’équipe nationale de football des Comores pour les premiers Jeux des îles de l’Océan indien, les Jioi, organisés dans l’île de la Réunion. Dans cette compétition, les Comores remporteront la médaille de bronze.
L’année suivant, Bacary Ali retournera à Moroni comme enseignant à l’Ecole primaire publique de Mbuweni et retrouvera son équipe de cœur, Avenir des Comores. En 1980, il prendra part à la Coupe du président (Ahmed Abdallah Abdérémane) à Ndzuani, dans la sélection de Ngazidja. Capitaine de cette sélection renforcée par Youssouf Ali Adolphe et Chakir, Bacary Ali «regrettera l’absence de ses coéquipiers» Black et Kolo qui seront bloqués à Moroni pour l’examen du pré-bac. La sélection de Ngazidja va, alors, perdre la finale sur le score d’un but à zéro en faveur de celle de Ndzuani. En 1985, Bacary Ali, alors père de cinq enfants, sera affecté à Ndzuani et jouera cette fois pour la sélection régionale de cette île pour Citadelle, sa première grande équipe aux Comores. Cette même année, il embrassera sa carrière militaire et intégrera la gendarmerie.
«Saïd Ouseine de Maore,Koutsi de Mwali, etc…»
Cependant, selon lui, ce n’est pas ce métier qui va l’empêcher de poursuivre sa carrière de footballeur, mais son fort attachement au respect du fair-play. En effet, c’est en 1989, suite de l’interruption d’un match qui a opposé les deux grands clubs mythiques de la capitale régionale, Citadelle et Gombesa sport, après une bataille rangée, qu’il décidera de mettre fin à sa carrière de footballeur. Il perdra le goût de la pratique mais pas celui de l’amour du ballon rond. Il continuera, en effet, à aller regarder les matchs et encourager ses amis de promotion en sélection nationale, notamment Saïd Ouseine de Maore et Koutsi de Mwali qui, ce dernier, l’a marqué avec la précision de ses tirs.
«Fierté et sens des Couleurs nationales»
A l’approche des Jeux îles de l’Océan Indien aux Comores en août 2027, l’ancien footballeur et actuel commandant et directeur général de l’Ecole nationale des forces armées et de la gendarmerie (Enfag), se réjouit de savoir que les Comores vont abriter ce grand évènement sous-régional.C’est, pour lui, «un moment très important, une occasion à ne pas rater qui va permettre, entre autres choses, de mettre en avant l’hospitalité comorienne. Je me rappelle quand on partait, pour la toute première fois, à l’étranger pour représenter le pays. On se réjouissait car les autres pays allaient voir les Comores jouer. Heureusement que, actuellement, les Comoriens ont l’occasion de voir la sélection nationale, les Coelacanthes, affronter d’autres sélections étrangères dans le pays», raconte-il tout sourire.
En exprimant la fierté de son parcours en tant que footballeur, le commandant et directeur général de l’Enfag se rappelle que c’est à travers le football qu’il aurait, vraiment, compris pour la première fois, le sens des Couleurs nationales. «Les Coelacanthes ont réveillé le sens du drapeau aux Comoriens. Moi, au-delà du jeu, j’aime ce drapeau que je salue tous les matins au travail»

