Après la défaite inaugurale contre le Maroc, plusieurs supporters des Cœlacanthes livrent leurs analyses. Entre lucidité face à une grande nation, satisfaction d’une prestation jugée digne et espoirs mesurés pour la suite, ils croient encore en des sursauts face à la Zambie et au Mali.
«Si on observe bien, au football, en général, lors de chaque tournoi international, les pays hôtes gagnent souvent leur match d’ouverture. On peut citer le Cameroun ou encore la Côte d’Ivoire récemment.
Ce sont des faits. Les Cœlacanthes ont joué et combattu avec leurs armes. Ils n’ont pas démérité.
L’équipe a opté pour une formation ultra-défensive et a limité la casse. Je pense que nous pouvons battre la Zambie ou accrocher un nul contre le Mali, pourquoi pas.»
Ibrahim Saïd, chauffeur
«Franchement, malgré le résultat de dimanche, je reste très confiant pour la suite. On a vu une équipe des Comores combative et organisée, même si j’ai senti un peu de timidité à imposer leur jeu. Il faut garder cette mentalité, corriger quelques détails et continuer à croire en nos chances, parce que cette équipe a du potentiel et de l’avenir. Sur l’impact du soutien populaire, l’engouement autour de la Can se ressent partout et c’est incroyable. Dans les rues, sur les réseaux, on sent que tout un peuple est derrière l’équipe et cet amour peut pousser les joueurs à se dépasser. J’espère que notre sélection va gagner le respect du continent. J’espère que ce n’est que le début».
Houssamidine Saïd Soilihi
«Je suis un peu déçue de la prestation des Verts lors de ce match d’ouverture. On espérait les voir plus offensifs, créer la surprise. En vrai le Maroc a su faire la différence car ils ont été plus forts. Mais malgré la déception, je garde espoir pour les matchs à venir. Et en tant que supportrice, j’espère qu’on ira le plus loin possible dans la compétition. De toute façon c’est le sport et c’est fait pour unir les gens. C’est magnifique de voir tout le monde se retrouver autour d’un même événement. Et surtout, j’espère que les Comores gagneront cette Can. Pourquoi pas !»
Said Omar Nadjla, employée de l’Oms
«A mon avis, la rencontre s’est très bien déroulée. Le sélectionneur a fait ce qu’il fallait. Nous étions face à une grande nation, solide et bien organisée avec un niveau de jeu, une condition physique et une structure largement supérieure à ceux des Comores. Les Cœlacanthes ont tout donné. Le staff, les joueurs et tout le groupe. Et honnêtement, le scénario aurait pu être bien plus compliqué, mais le match s’est déroulé de manière maîtrisée et surtout digne.
La différence s’est faite sur l’expérience et l’efficacité, pas sur l’engagement car les Comores ont su gérer la pression du public marocain avec sérieux et discipline. Il faut continuer à tout donner. On espère que la Zambie laissera des points face au Maroc. De notre côté, nous connaissons bien le Mali, que nous avons déjà affronté lors des éliminatoires de la Coupe du monde. Avec une bonne analyse des deux adversaires restants, il est possible d’aller chercher les six points encore en jeu.»
Karim Ibrahim, employé d’une agence de communication
«Je vais être objectif dans mon analyse : le coach n’avait pas vraiment le choix du système de jeu. Certes le football comorien a évolué ces dernières années, mais nous sommes encore pressés et devons rester lucides. Le Maroc est une grande nation de football. Demi-finaliste de la dernière Coupe du monde, top 15 du classement Fifa. De notre côté, nous venons d’arriver à ce niveau. Ne l’oublions pas. Si nous avions essayé d’attaquer, nous aurions pu encaisser beaucoup plus de buts.
Nos défenseurs ont péché plusieurs fois dans la relance. Le ballon arrivait très rarement à notre attaquant contrairement à notre milieu de terrain qui a bataillé et montré de belles choses. Pour la suite du tournoi, je garde espoir car notre groupe n’est pas si compliqué. Les deux derniers matchs sont abordables au vu de ce que nous avons proposé. Nous pouvons faire mieux et gagner un match. Pas plus. Les Comores ne peuvent pas prendre six points, mais je pense que nous pouvons finir parmi les meilleurs troisièmes, en totalisant trois points avec une différence de buts favorable.»
Mouza Ahamada, sans emploi


