Malgré la défaite des Comores face au Maroc (2-0) lors du match d’ouverture de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, la place de l’Indépendance a vibré d’une ferveur populaire bon enfant, entre communion nationale, musique et football rassembleur.

 

Dans la soirée du dimanche 21 décembre 2025, la place de l’Indépendance s’est transformée en un vaste espace de célébration populaire. Bien avant le coup d’envoi de la rencontre inaugurale opposant le Maroc, pays hôte de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, aux Comores, la foule affluait déjà en nombre inhabituel. Drapés de vert et de blanc, des centaines de supporters avaient répondu à l’appel pour suivre la projection du match sur écran géant, installé pour l’occasion par le Cosec.

Très vite, l’atmosphère s’est voulue festive et conviviale. Enfants, jeunes, adultes et personnes âgées partageaient le même espace dans une ambiance familiale. Des parents avaient tenu à venir avec leurs enfants, désireux de leur faire vivre un moment de communion nationale autour des Cœlacanthes. La place, animée de chants et de cris d’encouragement, offrait l’image d’un football fédérateur, capable de rassembler au-delà des générations et des quartiers.

Sur le terrain, la sélection comorienne a opposé une résistance courageuse aux assauts répétés des Lions de l’Atlas. Le moment le plus intense de la première période restera sans doute le penalty arrêté par le gardien comorien. Une parade décisive qui a déclenché une explosion de joie. Cris, applaudissements et embrassades spontanées ont envahi la foule, ravivant l’espoir d’un exploit. À la pause, le score nul et vierge était accueilli comme une victoire provisoire.

Drapeau comorien autour du cou, Salim Faissoil ne cachait pas son émotion : « Quand Pandor a arrêté le penalty, on a tous cru à l’exploit. Il fallait voir comment la foule a hurlé comme un seul homme. En tout cas, l’ambiance y était et c’est tout ce qu’on demande dans ces moments de rassemblement », a-t-il confié.

La mi-temps a également été marquée par une animation musicale. L’artiste Momoboss est monté sur scène pour offrir un mini-concert, maintenant l’enthousiasme du public et ajoutant une touche festive à la soirée, avant la reprise du jeu.

Parmi les supporters, Saïd Amina, venue du quartier Sahara avec son mari et ses enfants, a ainsi décrit la particularité de la soirée : « Ce soir, c’est la fête contrairement aux autres fois », a-t-elle confié sourire aux lèvres, saluant l’organisation et la présence des forces de l’ordre. « Aujourd’hui, je me sens rassurée. J’ai vu que la police est là, des barrières ont été installées et les enfants étaient bien en sécurité. Et puis, en plus du football, il y a eu de la musique et une bonne ambiance… on se sentait tous unis », a-t-elle ajouté.

En seconde période, malgré la détermination des Cœlacanthes et le soutien constant du public, le Maroc a fini par faire la différence en inscrivant deux buts. La déception s’est lue sur les visages, sans provoquer de colère ni de débordements. « Même menés, on a continué à encourager l’équipe et à suivre l’évolution du score, même si l’espoir se perdait de minute en minute », a expliqué Youssouf Amada, appelant les supporters des Veri Piya à rester mobilisés derrière la sélection.

La projection sur grand écran de la rencontre, a permis à plusieurs centaines de personnes de suivre la rencontre dans de bonnes conditions. L’organisation a été largement saluée, tout comme l’initiative de la chaîne Média +, qui a animé la soirée avec une tombola offrant plusieurs lots.Au coup de sifflet final, malgré la défaite (2-0), les supporters ont quitté la place de l’Indépendance dans le calme. À Moroni, cette soirée de Can restera comme un moment de ferveur, de fierté et d’unité nationale autour des Cœlacanthes.