La dernière rencontre du championnat Dames a été exclusivement dirigée, gérée, arbitrée, jouée, supervisée et organisée par des femmes
Ce lundi 22 juin, la dernière rencontre du championnat de football féminin a été exclusivement féminine. C’est la jeune arbitre centrale fédérale, Assimati Moussa, qui a été à la tête du quatuor qui a officié le choc “Olympic de Moroni et As Fomboni”. Nassila Soilihi et Hachimia Ibrahim ont fait office d’assistantes dans cette opposition qui s’était soldée sur une large victoire, trois à zéro, de la première formation citée et la jeune Ladhaouia a été la quatrième officielle.
Pour la responsable du ballon rond de cette catégorie au niveau de Ngazidja, Roukiat Ahmed, “cela a été une fierté pour les responsables du football féminin, d’être parvenu à organiser une rencontre cent pour cent féminine. Tous les corps organisationnels de l’opposition ont été féminins”, s’est-elle réjouie. En plus des vingt-deux joueuses, les quatre officiels ont été des Dames, mais ce n’est pas tout : “La commissaire du match a été une femme en la personne de Hanifati Ibrahim”, devrait préciser la secrétaire générale de la ligue nationale du football féminin, Hairia Ali Mohamed. “Le football féminin a beaucoup progressé au niveau national” apprécie l’ancienne footballeuse.
“C’est une joie immense de voir des femmes organiser, gérer, jouer et officier, voire supporter un match officiel féminin. En tant qu’ancienne joueuse. Je suis fière d’être témoin de ce progrès. Nous sommes dans un pays où la culture sportive n’est pas si développée que ça. Et voir les femmes s’impliquer et s’investir dans ce monde me fait grand plaisir”, martèle-t-elle.
Une ministre au coup d’envoi
Le coup d’envoi de la rencontre a été également donné par une femme en la personne de la ministre du Genre, Fatima Ahamada qui a été raccompagnée sur la tribune Vip par la conseillère du ministre des Sports, Radia Salim, dr Hadjira Abdoulatif, et par trois autres membres du gouvernement, entre autres. Plusieurs femmes, autorités politiques, anciennes sportives, animatrices en sport s’étaient mobilisées pour ce dernier match féminin de la saison de D1.
La représentation féminine au Stade de Moroni a été encore plus remarquée avec, sur le banc de touche d’Olympic de Moroni, l’entraîneure adjointe d’Ibroihim Mroivili, Hassanati Halifia. Selon la chargée du football féminin au sein de la direction technique nationale, Armel Azihar Sly-Vania, l’organisation d’un match 100 féminin constitue une opération de valorisation du football féminin comorien : “C’était original, mais aussi beau à voir”.
“Accorder le même intérêt”
Elle reconnait, cependant, qu’il y a beaucoup à faire pour que la femme comorienne s’implique véritablement dans le football. “Mais je crois que ce à quoi on a assisté lundi au Stade de Moroni a apporté un peu plus de visibilité aux joueuses. Cela peut permettre à beaucoup d’entre nous de leur accorder le même intérêt que celui accordé aux hommes”.
Pour le chroniqueur sportif de Djabal fm, Soulaimana Ibrahim, c’était une “grande première”. “Voir ces dames gérer, organiser, manager, officier et soutenir un match du championnat féminin des Comores m’a sérieusement marqué”. Pour sa part, Armel Azihar Sly-Vania “voit encore plus loin”. Selon elle, avec ce que le public a vu au stade ce lundi 22 juin, “les femmes et la fédération ont envoyé un message d’égalité qui peut contribuer à une évolution des mentalités qui fera que dans un proche avenir tout le monde soutiendra le football féminin”.
Le football féminin est, officiellement, sous la direction, au niveau de la Ffc, du général de l’armée nationale, Youssouf Idjihadi. Ce sport collectif fait parler de lui depuis quelques mois, depuis, surtout, la qualification des Coelacanthes Dames au deuxième tour des qualifications des Jeux olympiques 2028.

