Peu avant le coup d’envoi des huitièmes de finale, le sélectionneur des Comores a partagé son analyse sur la prestation des clubs du continent
Que pensez-vous des prestations des pays africains au niveau des seizièmes de finale de la Coupe du monde?
Le vrai test c’était, d’abord, neuf équipes du continent en seizièmes de finale. Quelle signification donner au fait que les meilleurs troisièmes soient qualifiés dans les groupes. Cela revient à récompenser la médiocrité, car à mon sens, finir meilleur troisième d’un groupe n’est pas, forcément, très positif.
Mon vrai test a été de voir combien il y aurait d’équipes du continent en huitièmes de finale et, malheureusement, il n’y en a que deux, mais deux très bonnes à savoir l’Egypte et le Maroc. Il y a également des équipes qui se sont très bien battu. Je pense, à ce propos, qu’on doit rendre hommage, notamment, au Cap-Vert, mais aussi à la Rd Congo, qui n’est pas passé très loin. Dommage que le Sénégal n’ait pas pu gagner son match puisqu’il en avait, largement, la capacité au vue de l’opposition. C’est une petite déception. Je pense qu’on aurait pu, avec un peu plus de concentration, avec la Côte d’Ivoire, avoir assez facilement cinq à six équipes africaines en huitièmes de finale si l’on en juge par le potentiel présenté.
Comment peut-on expliquer l’hécatombe constatée?
On a constaté à la fin des matchs chez les équipes africaines une désorganisation tactique et structurelle. Pourtant au début et au cours des rencontres, on a pu constater de très bonnes choses sur le plan tactique. Après c’était un problème moral. On se désorganise à la fin du match et, malheureusement, cela se paie cash dans le haut niveau. Dès qu’il y a un minimum d’espace et un non-respect du schéma tactique, l’adversaire, qui a un bon niveau, en profite. C’est ce qui s’est, malheureusement, passé avec la Côte d’Ivoire, la Rdc et même le Sénégal, et j’en oublie.C’est vraiment dommage parce qu’il s’agit d’opposition dans lesquelles il faut rester, technique, et être hyper concentré jusqu’à la quatre-vingt-quinzième minute. Malheureusement, ce n’est, jusqu’ici, pas toujours le cas dans cette Coupe du Monde.
Comment jugez-vous la prestation du Cap Vert face à la grande Argentine?
On doit rendre un grand hommage au Cap-Vert qui a fait une super Coupe du Monde. Ses joueurs ont été héroïques. Quand on voit d’où ils sont partis, on peut dire qu’ils ont su composer un vrai groupe et créer un bon dynamique. Ce pays de six cent mille habitants, soit l’équivalant de deux rues à Paris ou d’une seule à New-York, a su imposer quelque chose de magnifique. Tenir en échec l’Argentine est un exemple pour les petits pays africains qui peuvent se dire qu’ils peuvent espérer faire de tels exploits. Chapeau!
En tant que sélectionneur des Comores, quel est votre point de vue sur ce qu’ont voit dans ce mondial?
Cette Coupe du Monde peut donner beaucoup d’espoir à toutes les Nations du continent. Neuf équipes sont passées par les tours qualificatifs et une par les matchs des barrages. Certes, il n’y a que deux équipes qui sont, toujours en lice, pour les huitièmes de finale. Je pense que la Côte d’Ivoire, le Sénégal, la Rd Congo voire le Cap-Vert avaient largement mérité de passer. Ils avaient le potentiel.
Beaucoup d’espoir pour les “petites Nations” africaines parce qu’en réalité, il n’y a, désormais plus, de “petites Nations” en football. Maintenant, tout le monde sait travailler et peut compter sur des joueurs de haut niveau. Cela donne beaucoup d’espoir notamment au vu du parcours des Cap-Verdiens qui ont passé la phase de la qualification et tenu en échec la grande Argentine qui n’a pu s’imposer qu’à l’issue des tirs au but.
Ce qu’ils ont fait est tout simplement merveilleux et je pense qu’ils ont réussi ce défi grâce au travail mené durant de longues années. Leur entraîneur, que je le connais très bien, a construit son groupe en comptant sur le temps, sur plusieurs années, et voilà que son travail est récompensé avec ces formidables résultats en Coupe du Monde.
C’est un exemple à suivre. C’est une formation qui a les mêmes caractéristiques que les Comores. Donc, on doit croire en nous et, surtout, travailler longtemps, c’est important. Nous devons faire preuve de patience si nous volons pouvoir construire un bon groupe capable d’aller loin dans toutes les compétitions qu’elles soient continentales ou mondiales.

