Imara Said a participé la semaine dernière aux championnats d’Afrique à Luanda en Angola. Une première pour les Comores. Ses impresssions et le projet de la Fcmma après cette mission

 

Quel a été votre rôle aux derniers championnats d’Afrique d’arts martiaux mixte 2026?

J’étais à Luanda, en Angola, en qualité de secrétaire général de la fédération nationale (Fcmma) et de responsable de la lutte antidopage sur le continent. J’occupe, également, les fonctions de directeur de zone. Mon expérience d’ancien athlète m’a, par ailleurs, permis d’apporter un regard technique sur le niveau des combats, l’organisation générale et les standards internationaux exigés. Lors de la dernière journée, à l’assemblée générale de la confédération, chacun des treize pays participants a présenté son bilan et ses perspectives. J’en ai profité pour mettre en avant la dynamique de la Fcmma et notre volonté de structurer et développer ce sport au niveau national. 

Avez-vous tirez des leçons particulières?

Oui. Nombreuses et déterminantes pour l’avenir de notre discipline. Nous devons nous structurer davantage et nous aligner sur les standards internationaux, tant sur le plan organisationnel que technique. La mise en place d’infrastructures adaptées, notamment l’acquisition d’un octogone homologué, constitue une priorité pour notre fédération afin de garantir des compétitions sécurisées répondant aux normes.

La formation doit, également, constituer un axe central. Nous devons investir dans le développement des compétences, aussi bien pour les entraîneurs que pour les athlètes, afin d’élever progressivement notre niveau.
Le potentiel des athlètes comoriens est réel. Il ne demande qu’à être encadré, structuré et accompagné. Nous sommes convaincus que les Comores ont leur place dans le paysage continental des sports de combat. Nous travaillons activement pour leur donner les moyens de cette ambition.

Avez-vous signé des partenariats à Luanda avec d’autres fédérations?

Absolument. Le développement du Mma repose sur la coopération régionale et internationale. Nous entretenons, déjà, de bonnes relations avec la fédération mauricienne ainsi qu’avec les fédérations de la zone Océan Indien. Le président de la confédération continentale, Avinash Ramtohul, qui est également celui de la fédération mauricienne, manifeste un soutien constant aux Comores. Nous bénéficions également de l’appui de partenaires engagés à La Réunion, notamment Cédric Certenais, qui contribue au développement de la discipline dans la région.

 Lors de ces derniers championnats, nous avons consolidé ces partenariats et avons engagé des discussions avec plusieurs Nations, telles que la Zambie, le Cameroun, l’Angola et la Côte d’Ivoire.Ces échanges ouvrent la voie à des collaborations techniques, des stages et des échanges d’expertise. Notre ambition est d’avoir des athlètes nationaux prêts à combattre aux prochains championnats d’Afrique.

Le Mma est retenu comme un sport de démonstration aux Jioi 2027. Comment préparez-vous cet événement?

La préparation des Jeux des îles 2027 constitue un objectif structurant pour le Mma national. Nous travaillons actuellement sur plusieurs axes prioritaires. Le premier concerne l’acquisition d’une cage homologuée indispensable à l’organisation de compétitions dans des conditions optimales. Ce projet est mené avec le soutien du président de la fédération, Zakaria Mlaili Mistsoihi, et du commandant Loukman Azali, en charge des relations internationales. Nous continuerons à former les acteurs de ce sport. A l’occasion de chacune de mes venues aux Comores (Imara Saïd réside à La Réunion, ndlr), nous organisons des stages et des séminaires destinés aux entraîneurs et aux athlètes, en collaboration avec les clubs locaux.


De même nous avons le soutien du comité national olympique qui facilite les mises en relation nécessaires pour répondre aux exigences internationales de ce type d’événement.La désignation du Mma comme sport de démonstration aux Jioi comoriens est saluée par les instances internationales. Cela constitue une opportunité majeure pour accélérer notre développement. Notre objectif pour 2027 est d’être prêt aussi bien sur le plan organisationnel que sportif.

Un dernier mot?

Les Comores se trouvent aujourd’hui à un moment charnière de leur développement sportif, en particulier dans les disciplines de combat. Un élément essentiel réside dans l’implication de la diaspora qui constitue une véritable richesse. De nombreux talents, entraîneurs et experts évoluent à l’étranger et sont prêts à contribuer au développement du sport dans leur pays d’origine. Nous ambitionnons de créer une dynamique collective, où chaque acteur – institutions, clubs, diaspora et partenaires – participe à la structuration d’un écosystème sportif durable et performant.


Au-delà de la compétition, le Mma peut également jouer un rôle social majeur, en offrant à la jeunesse comorienne un cadre éducatif, des valeurs de discipline, de respect et de dépassement de soi.Enfin, mon expérience récente en Angola m’a conforté dans une conviction : l’Afrique du sport est en pleine progression, portée par une volonté d’unité et de professionnalisation. Les Comores doivent pleinement s’inscrire dans cette dynamique et saisir les opportunités qui se présentent.