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Les Cœlacanthes passent tout près de l’exploit

Les Cœlacanthes passent tout près de l’exploit

Sports | -   Dayar Salim Darkaoui

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102 rangs séparent les deux formations au dernier classement Fifa. Alors que le Cameroun compte 5 titres continentaux sur 18 participations, et 7 participations au Mondial Fifa sur 21. En face, les Comores – membres de la Caf seulement depuis treize ans - courent encore après leur première participation à la phase finale de la plus prestigieuse des compétitions africaines. Les Cœlacanthes ont, malgré tout, joué crânement leur chance et ont su faire face.

 

«David contre Goliath», pouvait-on simplement résumer cette opposition entre les Comores et le Cameroun, samedi 8 septembre dernier au stade international de Mitsamihuli. Une rencontre comptant pour la deuxième journée des qualifications à la Coupe d’Afrique des Nations (Can) 2019. Cent-deux rangs (47 et 149) séparent les deux équipes au dernier classement Fifa. De surcroit, le Cameroun compte pas moins de cinq titres continentaux, pendant que les Comores – reconnues par la Caf seulement en 2005 – courent encore après leur première participation à la phase finale de la plus prestigieuse des compétitions africaines.


En tant que pays hôte de l’édition 2019, les Lions indomptables, champions d’Afrique en titre, sont d’office qualifiés mais ont tout intérêt à assurer une bonne préparation pour se rassurer et rassurer leurs supporteurs après avoir manqué le rendez-vous du mondial russe 2018. Dans cette lancée, l’équipe a vu l’arrivée sur le banc d’un nouveau sélectionneur, en la personne de Clarence Seedorf, suppléé par son compatriote néerlandais, et ancien du Fc Barcelone, Patrick Kluivert.

Sans complexe

Pour son baptême du feu, l’ancien du Milan Ac a concocté pour les Comoriens une équipe résolument offensive. Il a opté pour un schéma tactique en 4-2-4, le duo Anguissa et Mandjeck placé en sentinelle au milieu de terrain, tandis que Choupo-Moting, Ekambi, Salli et Bahoken formaient le quatuor offensif.
De son côté, le sélectionneur comorien, Amiredine Abdou, proposait un 4-3-3 classique. Aucune surprise sur le onze de départ. Les Cœlacanthes, loin d’être complexés par la carrure de leur adversaire, démarrent la rencontre sur les chapeaux de roues.


Ils font une très bonne entame de match. Dès les premières minutes de jeu, le duel entre l’ailier gauche comorien, Faiz Selemani, et l’arrière droit camerounais, Fai Collins, s’annonce passionnant. Très en jambe, Faiz Selemani tente une première incursion, à la troisième minute, côté gauche de la défense du Cameroun mais voit son ballon, un peu trop poussé, sortir des limites du terrain. Et puis une deuxième incursion, à la huitième minute, suivie cette fois-ci d’un centre tendu mais capté sans trop de difficulté par le portier des Lions, André Onana. Celle-ci sonnait comme un avertissement. Entre temps, Ben Djaloud, décalé sur la droite, envoyait un autre centre en direction de son attaquant, Mohamed Ben Fardou, qui a été intercepté dans les airs par un André Onana vigilant.

 


Le premier quart d’heure de jeu, contre toute attente, tourne à l’avantage des coéquipiers de Nadjim Abdou. Il faudra attendre la douzième minute pour voir le gardien de but comorien, Ali Ahamada, être plus ou moins sollicité. Nasser Chamed répliquait immédiatement avec un tir à l’entrée de la surface de réparation, cependant trop écrasé.

Incontournable Ben Fardou

Les Camerounais, dominés dans le jeu, notamment au milieu de terrain, exposaient leur gardien aux assauts des Verts. La sanction n’allait pas tarder. Faiz Selemani, sur sa troisième incursion, dépose Fai Collins et centre en retrait pour Ben Fardou.


L’attaquant de l’Étoile rouge de Belgrade, confirmant sa bonne forme du moment, reprend du gauche et fait exploser le stade international de Mitsamihuli (1-0, 14e).
Dans les cinq minutes qui suivent, les Cœlacanthes maintiennent leur pressing et arrivent tant bien que mal à contenir les velléités de révolte des Lions. Mais c’est sans compter sur l’abnégation du néo-parisien, Eric Choupo-Moting, qui envoyait un tir du gauche directement dans les bras d’Ali Ahamada (23e).
Les Camerounais arrivaient, enfin, à mettre peu à peu le pied sur le ballon et parvenaient à créer des sueurs froides à une défense comorienne jusque-là sereine. Les Cœlacanthes passaient un dernier quart d’heure difficile. D’autant que le passeur décisif, Faiz Selemani, un des meilleurs Cœlacanthes, se plaignait d’une douleur à la cuisse gauche. Les Lions quant à eux ne relâchaient pas la pression. Anguissa voyait sa tête passer juste au-dessus des cages d’Ali Ahamada (34e) pendant que le centre de Gaetan Mbong était repoussé en catastrophe par la défense des Verts (44e). Les deux équipes rentrent au vestiaire avec ce score, surprenant, d’un but à zéro.



Silence glacial

Les Poulains d’Amiredine Abdou, premiers à revenir sur le terrain, se ressaisissent en seconde période. Les Lions durcissent leur jeu, multipliant les fautes (48e, 49e, 51e), comme pour mettre en difficulté une équipe comorienne très technique. A l’image de son milieu de terrain formé par Rafidine Abdullah, Fouad Bachirou et  Youssouf Mchagama, dans un grand jour. Les débats sont alors équilibrés, et les Cœlacanthes se distinguent par des contres rondement menés, notamment à la 59e minute, lequel est irrégulièrement annihilé par Fai Collins, auteur d’une faute sur Youssouf Mchangama, qui partait seul aux buts. L’arrière droit camerounais récoltait, au passage, le premier des deux cartons jaunes de la rencontre. On peut citer également cette belle action déclenchée sur la droite de la défense comorienne et conclue par un tir, trop élevé, de Djamel Bakar. Les Lions réagissaient par Choupo-Moting, seul Camerounais à sortir véritablement du lot. Comme en première mi-temps, les Cœlacanthes relâchent la pression dans le dernier quart d’heure. Et puis, à la 78e minute, ce qui devait arriver arriva. Ambroise Ayongo envoie un centre qui atterrit sur la poitrine de Stéphane Bahoken. L’attaquant d’Angers profite d’un mauvais positionnement de la défense comorienne pour fusiller, à bout portant, Ali Ahamada (1-1). L’on n’entendait plus que les rugissements des Lions au stade international de Mitsamihuli. À partir de là, le douzième homme n’a pas suivi. Sans doute parce que, par rapport à la physionomie du match, il croyait dur comme fer en la victoire. C’était certes le Cameroun en face, mais il y avait de quoi faire un bon résultat.

En face c’était le Cameroun !

Toujours est-il que c’est dans ces moments critiques que les joueurs ont le plus besoin de la voix de leurs supporters. Nos onze guerriers parviendront malgré tout à tenir ce résultat nul, ô combien mérité, jusqu’au terme du match. Tout un symbole : l’abnégation d’Ali Ahamada, le portier des Verts, qui a quasiment joué la totalité de la rencontre sur une seule jambe. Cela fait trois ans que la sélection nationale ne perd pas à Mitsamihuli. Samedi dernier, comme face au Ghana en 2015, les Verts pouvaient nourrir quelques regrets, mais petits. Après tout, c’était le Cameroun en face, quintuple champion d’Afrique.


Dans l’autre rencontre de cette poule B, le Maroc s’est imposé par trois buts à zéro contre le Malawi. Le Cameroun est premier du groupe avec quatre points, suivi du Maroc et puis du Malawi, à égalité de points (3 points). Les Comores ferment la marche, comptant un point. Elles feront face au Maroc, le 10 octobre prochain, lors de la troisième journée de cette phase qualificative.

Dayar Salim Darkaoui

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