Six ans après sa création, les “Olympiennes” ont remporté quatre titres nationaux et participé à trois Ligues africaines des championnes. Portrait

 

L’Olympic de Moroni devient la nouvelle attraction du football féminin national. Il s’impose comme l’une des meilleures formations de la discipline aux Comores. Cette équipe a été créée, le 8 mars 2020 à Moroni, sous l’identité de l’ancien club mythique de la capitale, fondé en 2003, “Club maman”.
Deux ans après sa création, l’équipe de l’homme d’affaires comorien, Saïd Ali Sultan, s’est offert une page de choix dans les annales du football comorien. “Nous avons préparé l’équipe en 2021 en prenant part à toute les compétitions officielles de la ligue de Ngazidja. L’année suivante, 2022, nous nous sommes imposées au championnat national”, retrace l’ancienne capitaine et actuelle entraîneure adjointe du club, Hassanati Halifa.
La “Maison jaune” de Moroni est reconnue comme l’équipe la plus structurée et mieux organisée de la place. “Nous sommes une jeune équipe, mais nous marquons de la plus belle des manières le football féminin local. Tout le monde admet que, désormais, nous tirons vers le haut ce sport local”, affirme l’administratrice du club, Tasnim.En six ans d’existence, le groupe de coach, Ibroihim Mroivili Himidi, a remporté quatre titres de champion des Comores : “J’ai gagné deux titres d’affilée, en 2025 et en 2026. Mais l’équipe avait le même statut en 2022 et en 2023”, précise l’ancien entraineur d’Inanga club de Djongwe. Dans son palmarès, le club compte également deux Coupes des Comores et une super coupe. 

Plusieurs titres individuels

Cette saison, le club a mis tout le paquet lors de ses compétitions. La bande au capitaine Zalhata Soilihi alias “Mzungu” a marqué l’opinion en remportant, en outre, plusieurs titres individuels. Le chroniqueur sportif de la chaine de télévision nationale, Zailaghi Moissi, rappelle que les meilleures joueuses comoriennes en activité ont joué dans cette équipe ou sont toujours dans son effectif. “Hairiat Abdourahamane dite Maradona, Hassanti Halifa, Anllaouia Hadhirami Ali alias Lukaku (actuelle capitaine du Fc Wani, ndlr), Anissa Ibrahim, Suraya  Ali et la révélation de cette saison Nayra Moustoifa ont, toutes, porté les couleurs olympiennes”, se rappelle notre confrère de l’Ortc qui précise : “l’une des actuelles meilleures joueuses qui n’ait jamais joué dans ce club est Halima Attoumani, qui a séduit les amateurs du ballon rond national pendant qu’elle a évolué à Uvagan club de Moya et à Mwalimdjini de Djwaezi”.


Cette saison, Suraya Ali a été “meilleure buteuse” régionale avec vingt-cinq réalisations. Au niveau national, c’est Anissa Ibrahim, l’ancienne attaquante de Mwalimdjini, qui a fait la différence avec trois buts. “On parle peu des défenseuses et gardiennes de but, mais la défenseuse centrale de l’Olympic, Nasrati Said Ali, est la meilleure de sa génération à son poste”, témoigne l’instructeur physique de la Caf, dr Moussa Hamidou. Le même ancien arbitre Fifa la décrite comme étant une joueuse “très technique, costaud athlétiquement et intelligente au jeu, qui joue bien avec une facilité déconcertante, et une aisance rare la balle au pied. Sa maîtrise dans les duels et les interventions aériennes indiquent qu’elle est exceptionnelle”. 

Expérience continentale

L’Olympic de Moroni a participé à trois Ligues des championnes du continent, grâce à sa façon de former et de faire travailler ses éléments. L’ancien directeur sportif de Volcan club Hommes, Fahardine Mroivili constate la domination de l’Olympic ses dernières saisons dans la catégorie. Selon lui, “c’est normal parce que le club met les moyens pour le recrutement et la formation”.Le club est actif, également, au niveau administratif en s’inscrivant dans la plateforme Sofascore avec des statistiques, et où il tient le calendrier de ses rencontres à jour. “Il est suivi à l’international, ce qui fait qu’il accueille des joueuses expatriées issues de la Rdc, de la Tanzanie et de Madagascar à l’image de son leader Marie Sarah Rasoanandrasssana”, originaire de la Grande Île, confirme l’administratrice du club, Tasnim. Le slogan de l’équipe, “l’excellence au féminin” parle de lui-même.


“L’équipe est gérée au niveau administratif par une femme, elle a un coach adjoint femme, des joueurs originaire des trois pays, au moins, du continent. Elle est représentée par des joueuses de Mwali, de Ndzuani Ngazidja. N’est-ce-pas une réussite féminine dans ce milieu réservé, il y a une époque, aux seuls hommes?”, se réjouit la chargée du football féminin au sein de la direction technique nationale de la fédération de football des Comores, Armel Azihar Sly-Vania. Plusieurs connaisseurs de la discipline estiment que l’Olympic devient, après Club Maman, tout simplement le “baromètre” du football de sa catégorie. La jeune formation tire depuis quatre ans le niveau de ce sport féminin vers le haut. Une vraie référence!