Pour ceux qui font du sport pendant ce mois sacré, le kiné appelle à la modération et de surtout, faire ces exercices pratiques après l’iftar.
Au sixième jour du ramadhwani, les premières foulées se font déjà entendre sur la route. Après l’iftar, des groupes de jeunes et d’adultes se rendent dans les salles de sport et d’autres privilégient la course en plein air. Le trajet Wani – Mutsamudu est devenu l’incontournable des coureurs, amateurs durant ce mois sacré.
Pratiquer une activité physique en période de jeûne est-elle sans danger ? Dans un entretien accordé à Al-watwan, le kinésithérapeute des Cœlacanthes A’, Anziz Abdallah, également en service de rééducation au Chri de Hombo, apporte des éclairages et des conseils pratiques.
Selon lui, le jeûne n’est pas incompatible avec l’effort physique, à condition d’adapter son rythme. «Il est conseillé de faire du sport, et c’est même bénéfique, pendant ce mois, mais à intensité réduite. Le corps en a besoin mais il faut toutefois diminuer la charge par rapport à la période normale et adapter les horaires. On ne peut pas s’entraîner de la même manière qu’en période de non-jeûne», explique-t-il.
Interrogé sur la vulnérabilité du corps durant cette période, il appelle à la prudence. «Pendant ce mois, il faut réduire la charge, éviter les efforts prolongés en journée et choisir les moments où le corps est mieux préparé. Le risque de blessure augmente à cause de la déshydratation et de la fatigue. Cela provoque des malaises ou une baisse de la concentration.
Quand on manque d’eau et d’énergie, les muscles récupèrent moins vite et les réflexes diminuent», prévient-il.
À Mutsamudu, notamment, beaucoup attendent la rupture du jeûne pour aller courir ou disputer des tournois de quartier. Un choix qu’il valide sous conditions. «Après l’iftar, c’est le moment idéal pour les activités qui demandent de l’énergie. Le corps a été réhydraté et réalimenté», explique Anziz Abdallah insistant en revanche qu’il faut «attendre une heure trente à deux heures avant de commencer le sport. Cela laisse le temps à la digestion de se faire. Commencer trop tôt peut provoquer des malaises ou des troubles digestifs».
Le kinésithérapeute déconseille fortement les rencontres «très engagées, surtout l’après-midi». «Les réserves sont déjà entamées et le risque de blessure est élevé à cause de la déshydratation et du manque d’énergie. Il faut éviter d’enchaîner les compétitions, par exemple sans récupération suffisante», souligne le spécialiste qui suggère une bonne hydratation, jusqu’à deux litres d’eau, une alimentation équilibrée et riche en protéines et un repos. «Le repos est indispensable et les séances trop longues sont à éviter. Les étirements, avant et après l’effort, restent incontournables pour préparer les muscles et faciliter la récupération», insiste-t-il.
Pour les personnes en surpoids et souhaitant reprendre une activité physique en ce mois, le kiné appelle à la modération. «Ces personnes peuvent faire du sport pendant ce mois, en limitant fortement l’intensité afin de se maintenir, pas de rechercher la performance», indique-t-il, insistant que tout doit se faire suivant un programme progressif et adapté sans exagération.

