Pourquoi venir à Abidjan alors que votre équipe ne joue pas la Can?
Parce qu’il faut toujours anticiper. Après cette Can, interviendra le tirage au sort de l’édition marocaine en 2025. On ne sait pas encore contre qui on va jouer. Je pense, donc, qu’il est important de voir dans l’action toutes les équipes qui jouent. Avec la seule vidéo, il y a certains détails qui peuvent vous échapper. J’ai profité de mon passage ici pour voir des matchs, des entraînements pour mieux comprendre et voir comment ils travaillent. C’est une façon d’anticiper le futur.
Qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans cette Can jusqu’ici?
La qualité des terrains. De manière générale, ils sont de qualité et parfois très bien. Au niveau des équipes, on a vu de bons matchs, il y a eu beaucoup de buts et d’occasions. Ce côté-là m’a plu.
Quelle est l’équipe qui vous a le plus séduit et pourquoi?
Il y en a plusieurs. Maintenant il faut savoir que c’est une compétition. Parfois, on peut commencer avec de bonnes performances. Arrivé aux matchs à élimination directe, si tu n’es pas prêt le jour J, ça peut faire mal. La Rd Congo, par exemple, m’a beaucoup plu, l’esprit dont fait montre le Cap Vert, le Sénégal, super solide et bien organisée, qui n’est plus à présenter.La surprise c’est, un peu, le Nigeria. Je ne m’attendais pas à voir une équipe nigériane aussi bien organisée défensivement.
A voir la compétition, pour moi, les grands favoris, c’était le Sénégal, le Maroc et l’Egypte. J’ajouterais le Niger, même s’il aura un obstacle assez important avec le Cameroun. Il y aussi la Guinée équatoriale qui a fait de très bons matchs.
L’équipe que vous devez éviter à la prochaine de 2025 ?
Le Sénégal qui me semble avoir quelque chose de plus que les autres. Cependant je pense que toutes les équipes sont abordables dans le sens où nous aussi, nous ne sommes pas une petite équipe. Il faut de l’humilité dans le football et j’en ai en ce moment. Mais je pense qu’on a les moyens de rivaliser avec n’importe quelle équipe. C’est la mentalité qu’il faut avoir, sinon ce n’en vaut pas la peine.
On dit que les Coelacanthes n’ont rien à envier au niveau technique aux équipes en lice…
… Je suis tout à fait d’accord avec vous, c’est l’analyse que je partage avec certains joueurs et avec mes collaborateurs. Par rapport à l’équipe qui a discuté les matchs de la Coupe du Monde, j’estime qu’on était quand même supérieur à certaines équipes présentes à la Can. Nous avons des joueurs qui peuvent faire des bonnes performances. En football, on ne devrait pas trop parler. C’est sur le terrain que ça se passe. Il faut absolument qu’on soit présent pour représenter le pays à la prochaine phase finale de la Coupe d’Afrique au Maroc.
Vous étiez en mission de présentation de votre projet à des joueurs comoriens, où en êtes-vous?
J’ai rencontré plusieurs joueurs en France en janvier, pour leur expliquer le projet de l’équipe national, le projet de notre jeu au niveau tactique, technique et, surtout, au niveau de la mentalité et de l’organisation. Il ne faut cependant pas manquer de respect aux joueurs qui sont depuis toujours dans le projet. Ce n’est pas qu’on veuille du nombre. On a besoin de certains joueurs dans certains postes où on n’en a pas assez, on a besoin de qualité. Les discussions se poursuivent.
Ces rendez-vous qui étaient importants se sont bien passés et des joueurs vont intégrer l’équipe nationale. Mais il faut que cela se fasse de façon naturelle. Un groupe existe, une mentalité est là, des joueurs se sont battus jusqu’à présent pour l’équipe, il faut les respecter. C’est important pour tout le monde. En ce qui me concerne, je n’ai pas d’état d’âme. Ce qui m’intéresse c’est d’avoir une équipe compétitive pour rendre les Comoriens fiers de leur équipe nationale. Et c’est notre objectif.
Comment préparez-vous la campagne pour la Can 2025 ?
Pour cela, il faut savoir contre qui on va jouer. Les dates sont très proches, en septembre, octobre et novembre. Il y aura les six matchs qualificatifs, qui vont se jouer dans trois mois. C’est quelque chose d’assez spécial qu’il va falloir bien gérer. C’est, entre autres, pour cette raison qu’on doit avoir un grand nombre de joueurs, ainsi en cas de blessure on peut pallier n’importe quelle absence.Pour ce qui est de la préparation proprement dite, nous aurons un stage en mars prochain avec des matchs amicaux, ce qui va nous permettre de nous retrouver et de travailler ensemble. En juin, il y aura deux matchs pour la Coupe du monde 2026, qui nous serviront à nous préparer tactiquement et techniquement. Et en septembre, il y aura le grand début des qualifications. Et il va falloir se donner à cent pour cent.
Nous sommes en plein dedans. La préparation de la Can a déjà commencé depuis le premier jour que je suis arrivé car c’est ma mission. Il faut qu’on soit au Maroc parce que c’est mon objectif.