logo Al-Watwan

Le premier journal des Comores

Hicham Saïd ou quand une plume part en guerre

Hicham Saïd ou quand une plume part en guerre

Culture | -   Dayar Salim Darkaoui

image article une
Le trophée au croissant de lune est revenu à Hicham Saïd. L’enfant de Mbeni s’est distingué par le caractère engagé de ses textes, axés notamment sur le drame des traversées en Kwasa-kwasa entre Ndzuani et Mayotte et la «lutte contre la dictature et les injustices». «Hicham slam» va représenter les Comores, en décembre à Madagascar, à l’édition 2018 du Slam national, et en 2019, à la Coupe d’Afrique de slam-poésie.

 

Très attendu, le championnat national de slam, une des grandes attractions de cette deuxième édition du festival «Slamer un pied sur la lune», n’a pas déçu, loin de là. Ils étaient, cette année, vingt-trois candidats au total à se disputer, samedi 22 septembre dans la salle de spectacle de l’Alliance française de Moroni (Afm), le tant convoité trophée au croissant de lune.


Et pour la première fois, depuis le lancement du championnat en 2015, le titre est tombé entre les mains d’un candidat de la gente masculine. Hicham Saïd est, en effet, venu à bout de Halda en finale et, surtout, de Mary Kech, la championne en titre. «Je suis agréablement surpris. Je m’attendais plutôt à finir en demi- finale. Jamais je n’aurais imaginé arriver en finale, ne parlons plus de gagner le trophée», a concédé cet élève de terminale A4 à l’école privée Epac de Mbeni.

Représenter dignement

Après avoir passé la phase des qualifications, qui l’avait vu échouer dans la précédente édition, l’enfant de Mbeni s’est hissé en finale à la faveur d’un texte, en shikomori, axé sur le drame des traversées en Kwasa entre les îles comoriennes de Ndzuani et Mayotte. «Kwasa-kwasa lendao ha mbepvoni / Kwasa-kwasa lendao ha mdroni / Kwasa-kwasa lendao ha Maore / Dja djanaza yisihao ho mazamoni / Yilio djumwa ushinga», déclamait-il dans ce texte poignant salué, à juste titre, par les acclamations du public.


 

«Hicham Slam» justifie sa volonté de slamer en shikomori par la nécessité de «sauvegarder notre langue, en perdition».


 


Le jeune homme de 19 ans s’est surtout distingué par le caractère engagé de ses textes. En atteste ce slam sur «la lutte contre la dictature et les injustices», qui, sans doute, lui a valu son titre de champion national 2018 de slam. «On vit dans une prison à quatre murs / Gardée par des criminels d’intérêts / Qui ne pensent qu’à leurs gueules», lançait-il. 

Hicham Saïd se dit prêt à «représenter dignement» les Comores, en décembre à Madagascar, à l’édition 2018 du Slam national, et en 2019 à la Coupe d’Afrique de slam-poésie (Casp).

La deuxième édition du festival «Slamer un pied sur la lune», ouvert le jeudi 20 septembre dernier, se poursuivait lundi 24 septembre à l’Alliance française de Moroni avec le spectacle du collectif «Art 2 la plume».  Aujourd’hui, mardi 25 septembre, se tiendra un concert «slam découverte» au Centre de création artistique et culturelle des Comores (Ccac-Mavuna). Mercredi 26 septembre, toujours au Ccac-Mavuna, un grand concert clôtura l’édition en présence de tous les artistes invités.


Lire aussi : Nawiya et Intissam à la croisée des textes : «Mes bleus vous diront ma douleur»


 

Commentaires