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«Djibuwe» de Cheikh Mc dépasse le million de vues sur YouTube

«Djibuwe» de Cheikh Mc dépasse le million de vues sur YouTube

Culture | -   Maoulida Mbaé

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Moins d’un an après sa sortie, le clip «Djibuwe» de Cheikh Mc, chanté en duo avec Samra, l’artiste de chant traditionnel comorien, dépasse le million de vues sur YouTube.

 

Si ce n’est pas la première fois qu’un son comorien atteint cette barre, puisque l’on se souvient que le clip «Coupé décalé chinois» de Idi Djobane avait déjà franchi ce seuil, mais «Djibuwe» dépasse aujourd’hui les quelques 1.001.262 de vues que compte celui-ci et file,  avec ses 1.009.862 vues, vers d’autres records.

Le rappeur Cheikh Mc, bien que ravi, n’a pas l’air tant que ça surpris par cet engouement autour du clip. «C’est un objectif qu’on s’était fixé», a-t-il laissé entendre. C’est-à-dire faire en sorte que le clip puisse être visionné non seulement par les Comoriens, mais également par le monde entier. Il précise qu’à ce jour, «seuls 6%» des gens qui habitent aux Comores visionnent le clip sur la chaîne YouTube du label «Watwaniya Prod». «Je pense que c’est dû à l’accessibilité limitée de l’internet aux Comores», affirme-t-il. Le fait que «Djibuwe» ait atteint, malgré cela, le million de vues, témoigne, selon lui, de «l’ouverture à l’international».


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«Djibuwe» est un son qui fait 3 minutes 40 secondes. Il prend place dans le dernier album du Cheikh, «Upezo» (Panorama), et se présente comme un mélange de twarab et de hip-hop moderne. Le clip a été produit par la maison de production Beat Bounce, l’une des plus grandes en France. Elle a produit des clips pour des artistes tels que Soprano ou encore La Fouine.


Dès la sortie du clip, le public comorien avait émis des réserves quant au fait que l’on n’y retrouvait pas le côté traditionnel de la chanson, comparé aux clips habituels de Cheik Mc, notamment «Anyibu» et «Rumbu» issus du même album.

Je me félicite d’avoir pris ce risque, puisque c’était un risque à prendre, pour que le clip soit visionné par les Comoriens et par le monde entier», avance le rappeur.

Pour lui, «il appartient à l’artiste d’anticiper l’état d’esprit du public, et non l’inverse».
Cheik Mc rappelle ainsi que c’est ce même public, au début réticent, qui a partagé le clip et a fait en sorte qu’il dépasse, aujourd’hui, le million de vues sur YouTube. Il fallait juste, explique-t-il, que «le public accepte le changement. A un moment donné, celui-ci a suivi, et il a été vraiment parfait à ce niveau-là. Donc, je n’ai pas à me plaindre, tout au contraire».


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«Djibuwe» reste à ce jour l’un des rares clips d’un artiste comorien qui passe à la télé, que ce soit en France ou ailleurs dans d’autres pays. Abderemane Cheikh se félicite que le son ait pu imposer «nos couleurs» à l’international, malgré la barrière de la langue et l’ancrage à la culture comorienne. «Ce n’est pas un rap, une musique afro comme les gens ont l’habitude d’entendre. C’est notre rap, notre afro à nous qu’on a imposé», fait-il valoir. «Ce n’est pas fini», promet-il affirmant qu’»il y a tous les jours des portes qui s’ouvrent grâce à Djibuwe». Le prochain objectif est de faire en sorte que le label «Watwaniya Prod», ou tout autre artiste local, fasse mieux.

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