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Manifestation du Comite Maore : “Non aux expulsions !”

Manifestation du Comite Maore : “Non aux expulsions !”

Politique | -   Dayar Salim Darkaoui

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Les politiques, députés, conseillers, organisations de la société civile et étudiants de l’Université des Comores qui ont répondu à l’appel à manifester lancé par le Comité Maore, refusent que des Comoriens soient expulsés de l’île de Mayotte. Ils appellent l’État comorien, à l’orée des négociations entamées, mercredi 11 avril, avec la partie française, à ne pas capituler. La libre circulation des personnes et des biens sur l’ensemble des quatre îles est non négociable.

 

 

 

C’est sans négociation ! Politiques, députés, conseillers, organisations de la société civile et étudiants de l’Université des Comores ont répondu massivement, hier jeudi, à l’appel à manifester lancé par le Comité Maore. Avec comme mot d’ordre, non aux expulsions !, scandé à tue-tête par les manifestants.  

 


Lire aussi : Souef Mohamed El-Amine attendu à Paris le 19 avril prochain


 

Un message qui a tout son sens, alors qu’a eu lieu, mercredi 11 avril, un premier dialogue entre le ministre des Affaires étrangères, Souef Mohamed El-Amine, et le secrétaire d’État auprès du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne.
Les banderoles déployées par les uns et les autres sont claires :

 

non aux déplacements forcés d’une partie de la population sur l’île comorienne de Mayotte, parce que les seuls étrangers à Mayotte sont les Français, alors pas de capitulation de l’État comorien.

 

Autrement dit, la libre circulation des personnes et des biens entre les quatre îles est non négociable. La manifestation s’est déroulée sans incident, ou presque. Les manifestants, partis du Palais du peuple, se sont vus barrer la route par des éléments de la police nationale au niveau de Gobadju, alors qu’ils tentaient de prendre la direction du petit marché de la capitale.

Sans conséquences toutefois, puisqu’ils ont aussitôt repris leur route jusqu’à la place de l’indépendance, chantant à leur arrivée l’hymne nationale.


“Ne pas faire marche arrière”

 

Nous sommes là pour dire au gouvernement comorien de ne pas lâcher. De ne en aucun cas accepter  que des Comoriens issus des trois autres îles soient refoulés de Mayotte, lance à la foule Mohamed Nabhane,

 

dépêché par le Comité de soutien aux délogés de Mayotte (Csdm). À l’origine de la crise sociale à Mayotte, explique-t-il, c’est l’insécurité. Et “elle ne choisit pas. Elle frappe autant les Mahorais, les Grand-comoriens, les Anjouanais, les Moheliens, les Malgaches que les Français. Des barrages sont partout érigés, les gens détroussés, les maisons cambriolées”, poursuit-il.

Il n’y a, selon lui, qu’un seul responsable de cette situation : la France. Mohamed Nabhane considère le combat pour le retour de la sécurité sur l’île

 

compréhensible, mais ce qui n’est pas compréhensible, c’est que des habitants constitués en milices se permettent de s’inviter aux domiciles des gens pour les déloger. Et cela se passe sous les yeux des autorités françaises.

 

 

Le militant craint que la situation ne dégénère, si la France ne met pas fin à ces pratiques. “La seule issue à cette crise c’est le retour de Mayotte dans son giron naturel. Il n’y a pas d’autre issue”, garantit-il. Il a, pour finir, appelé la population à ne pas céder à la haine, à répondre aux Mahorais par l’amour.

Pour Idriss Mohamed, “au point où nous en sommes, nous pouvons parvenir à une solution, si seulement le gouvernement ne fait pas marche arrière”.

La première chose pour laquelle les Comoriens doivent se battre aujourd’hui, selon lui, c’est justement de ne pas permettre au gouvernement d’accepter que des Comoriens soient refoulés de Mayotte. Idriss Mohamed regrette que les autorités n’aient pas pris part à la manifestation, alors que la demande leur a été faite.

Le député de l’Union de l’opposition, Abdallah Tocha Djohar, regrettera également cette absence, tout comme celui des partis politiques.

 

 

 

“La question de Mayotte est une question comorienne. Nous devons, gouvernement et opposition, mettre de côté nos divergences. Nous avons une cause commune, cause nationale, à défendre”, dit-il.

Il demande, en perspective aux négociations du 19 avril prochain, à ce que la libre circulation des personnes et des biens soit garantie sur l’ensemble du territoire. “C’est le message que les Comoriens envoient aujourd’hui”, achève-t-il.

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